Dans le commerce nous pouvons trouver différents types de filtres utiles pour l'observation de certains objets faibles. Ceux-ci se vissent à l'arrière des oculaires, il en existe au coulant 31,75 mm et 50,8 mm, les derniers étant plus grands et plus coûteux. Les filtres UHC ou OIII sont principalement conçut pour rehausser le contraste des régions de formation d'étoiles ou des nébuleuses planétaires. Ces filtres ne laissent passer que les longueurs d'ondes correspondant à certains pics d'émission de ces nébuleuses, c'est à dire l'Hydrogène bêta et l'Oxygène III pour l'UHC (Ultra Hight Contrast) et seulement l'Oxygène III pour l'OIII.
Courbe de transmission lumineuse d'un filtre UHC Lumicon
Courbe de transmission lumineuse "étroite" d'un filtre OIII Lumicon
Ces filtres sont vraiment très efficaces car non seulement ils augmentent le contraste des objets faiblement lumineux, mais ils permettent également de faire ressortir des détails supplémentaires. Ils méritent donc largement l'investissement, surtout si votre ciel n'est pas très noir.
Deux filtres interférentiels au coulant 31,75 mm (un Astronomik OIII et un Thousand Oaks H-beta).
Mais
attention à l'OIII, comme il est très sélectif (bande passante très
étroite) il assombrit beaucoup le champ d'observation et crée une
extinction sévère sur les étoiles, de ce fait il est plutôt conseillé
pour les possesseurs d'instruments de grands diamètres (200 mm et plus).
Le filtre UHC laisse quant à lui passer un peu plus de lumière, on
pourra l'employer avec de petits instruments.
Filtre UHC Lumicon au coulant 50,8 mm.
Il existe également des filtres permettant de rehausser le contraste de n'importe quel objet du ciel profond en bloquant les pics d'émission des lampes des villes, il s'agit des filtres de type "deepsky". Même s'ils assombrissent un peu le fond du ciel, personnellement je ne trouve pas qu'ils soient très efficaces. Du moins le gain sur les objets est loin d'être aussi évident qu'avec les deux filtres précédents.
Courbe de transmission "large" d'un filtre Deepsky Lumicon
Des tests de transmissions de filtres sur le terrain
Je fixe le réseau Baader sur le Nagler 13 mm et fait circuler le verre diffuseur linéaire que l'on intercale entre l’œil et l'oculaire. En effectuant une rotation de ce verre on parvient à étaler le spectre et de ce fait à distinguer des raies d'absorption. Comme Vega est une étoile plutôt jeune nous observons principalement deux raies de l'hydrogène dans le vert-bleu et dans le bleu profond, il s'agit du Hb et du Hg.
Spectre de Vega - Etoile de la Lyre
Telescope Sumerian Canopus de 381 mm à 131x (Nagler 13 mm)
Rians la Verdière (83)
Je propose à Benjamin et Florian de tester leur filtre OIII Lumicon fraichement acheté grace au réseau. Pour cela il suffit de regarder le spectre de Vega et de placer le filtre entre l’œil et l'oculaire. Le filtre coupe le spectre et ne laisse passer que les longueurs d'onde correspondant aux principales raies d'émissions des nébuleuses afin d'en augmenter le contraste. D'une marque à l'autre les filtres sont plus ou moins sélectifs, donc plus ou moins efficaces. Comme je dispose d'un OIII Astronomik, d'un Hb Thousand Oaks, et Benjamin d'un DGM OIII, nous nous lançons dans un comparatif de "bandes passantes".
Un test comparatif de filtres interférentiels ne serait vraiment complet qu'avec une étude complémentaire du taux de transmission du flux lumineux dans les bandes passantes. Visuellement ce test est difficile à réaliser car les différences entre les filtres sont assez réduites (tout au plus quelques %), et comme le ciel était en permanence balayé par des bandes nuageuses plus ou moins épaisses qui faisait varier en intensité le spectre de Vega, percevoir de faibles variations de flux lumineux était impossible.
Nous comptions poursuivre notre test avec une comparaison entre les filtres UHC Lumicon et UHC Explore Scientific, mais la météo en a décidé autrement et les nuages ont fini par recouvrir l'intégralité de la voûte étoilée.








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