samedi 12 septembre 2026

Une belle nuit de fin d'été au Montdenier

 

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La météo pour la nouvelle Lune de septembre est au beau fixe, j'en ai profité pour rejoindre quelques copains un pied du massif du Montdenier, dans les Alpes de Haute Provence. Nous nous installons dans une petite clairière d'altitude, nichée au cœur d'une majestueuse forêt de résineux. Ce spot en retrait de la route est vraiment agréable, il paraît coupé de la civilisation, sans lumières directes, ni habitations visibles. 



Gilles et Serge ont déjà monté leurs télescopes, des dobsons de 600 et 400 mm. 

A côté de ces géants, mon modeste Nexstar 8 SE de 203 mm paraît bien pitchoun, mais il a tout d'un grand et permet tout de même de faire de belles observations. Comme je souffre toujours du dos, je n'ai malheureusement pas pu sortir mon Taurus 508 mm, qui devra encore attendre avant de retrouver le chemin des étoiles.



Il fait encore bien chaud en ce mois de septembre, en journée nous cherchons l'ombre. Mais dès que le Soleil tire sa révérence, ce n'est plus la même chose, il faut bien se couvrir. Le climat actuel rappelle un peu celui du désert à cette altitude, un bon cagnard le jour, et une grand fraicheur la nuit.


L'obscurité arrive rapidement en septembre, nous nous hâtons de passer à table avant d'attaquer les choses sérieuses. 



La nuit est enfin là. Le pointage "go to" du Nexstar est paramétré, et le Seestar S50 pro installé en mode équatorial. Je suis prêt à commencer les observations. Je n'ai plus fait de visuel depuis la mois de mai, çà commençait sérieusement à me manquer. J'attaque avec un tout petit objet très méconnu, une petite nébuleuse planétaire nommée PK32+7.1 (12,2m - 14"), qui est aussi cataloguée par Peimbert et Costero sous la référence PC 19, c'est plus facile à retenir. Elle est située dans la queue de la constellation du Serpent. Lorsque le télescope arrive sur le champ concerné, à 91x avec le Nagler 22x, je ne vois que des étoiles. Comme l'objet est très petit, à ce grossissement il reste d'aspect stellaire et se confond avec les étoiles environnantes. Du coup je sors l'arme fatale, le filtre UHC, je l'intercale entre l'oeil et la lentille de l'oculaire, et en faisant du "blinking" (j'alterne rapidement des visions sans filtres et avec filtres) pour la faire clignoter, je parviens à la repérer. Je peux maintenant pousser le grossissement, je monte à 400x avec le Nagler 5 mm pour essayer de détailler cette NP compacte et voir si elle montre un peu de détail. Elle montre toujours un cœur stellaire brillant, mais en vision décalée il me semble entouré d'un petit halo nébuleux diffus. Par moment, je devine également une forme un peu ovalisée à cette petite enveloppe nébuleuse.

 

Dessin : PK32+7.1 (PC19) - Nébuleuse planétaire dans le Serpent
Télescope Celestron de 203 mm à 400x (Nagler 5 mm)
Montdenier (04)



Pendant ce temps, j'oriente le Seestar S50 pro en direction de la galaxie naine NGC 6822 (8,1m - 14,4'x15,4') de la constellation du Sagittaire. Ce site du Montdenier offre une vue particulièrement dégagée vers l'horizon sud, c'est une bonne occasion de s’intéresser à cet objet un peu bas. NGC 6822, aussi appelée galaxie de Barnard, est une naine irrégulière barrée de type magellanique (IB(s)m). Elle doit sa grande taille apparente à sa proximité, car il s'agit d'une galaxie du Groupe Local qui se situe à seulement 1,59 millions d'années-lumière. En réalité, elle est loin d'être énorme, sa taille réelle est estimée à 9200 années-lumière. Cette galaxie renferme un bon nombre d'étoiles jeunes, d'où sa teinte générale plutôt bleutée, et même quelques régions HII, de grands complexes nébuleux que l'on distingue sur mon image comme de petites condensations brillantes localisées sur la bordure haute de la galaxie, et deux autres apparaissent un peu détachée en haut à droite.


NGC 6822 -  Galaxie dans le Sagittaire
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 112x30s en mode EQ
Montdenier (04)



Je suis ensuite passé à la galaxie NGC 7331 pour rendre visite à sa supernova 2026aaiv, car cette dernière a encore gagné en éclat. Je vous renvois à mon article dédié à cet évènement galactique pour découvrir le dessin et l'image de cet objet.


J'ai envi de continuer à profiter de l'excellent horizon sud. Je décide de pointer le C8 en direction du groupe de galaxies de NGC 7172 (11,8m - 2,4'x1,3') du Poisson Austral, aussi connu sous la référence Hicskon 90. NGC 7172 est une spirale de type Sa pec vue de côté, elle est située à 112 millions d'années-lumière. A 7'S se trouve un groupe compact de trois galaxies visuellement attrayant. A 133x, les quatre galaxies apparaissent dans le même champ de vision. NGC 7174 (13,1m - 2,3'x1,2'), ovalisée, et NGC 7176 (11,5m - 48"x48"), toute ronde, semblent en interaction, les deux nébulosités sont placées côte à côte. Juste à côté du duo se trouve aussi NGC 7173 (11,9m - 1,2'x0,9').  

 

 Dessin : NGC 7172-3-4-6 (Hickson 90) - Groupe de galaxies dans le Poisson Austral
Télescope Celestron de 203 mm à 133x (Omegon Panorama II 15 mm)
Montdenier (04)

Côté imagerie, je continue dans la thématique des galaxies naines environnantes. J’envoie le Seestar S50 pro vers IC 10 (11,8m - 8'x7'), une naine irrégulière de type dIrr IV/BCD, qui se situe dans le Groupe Local à 2,15 millions d'années-lumière. Cette galaxie est perçue à travers les champs stellaires riches de la Voie Lactée, du côté de la constellation de Cassiopée, ce qui provoque une atténuation de sa luminosité. IC 10 est une galaxie qui possède une intense activité de formation d'étoiles, elle est riche en régions HII en nuages de poussières, et en population d'étoiles massives.

 

IC 10 -  Galaxie dans Cassiopée
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 112x30s en mode EQ
Montdenier (04)

Quand aux explorations visuelles, je poursuis en pointant de tout petits objets dans la constellation du Cygne, bien haute dans le ciel en milieu de nuit en cette saison. Je commence par M 1-92 (11,7m - 8"x7"), une proto nébuleuse planétaire que l'on surnomme aussi la nébuleuse de l'empreinte, ou "Minkowski Footprint" chez les anglo-saxons. Nous sommes en présence d'une étoile qui est parvenue en fin de vie mais qui n'est pas encore devenue une naine blanche. Elle a néanmoins commencé à éjecter du gaz et de la poussière à grande vitesse. Elle se situe à 8000 années-lumière, dans les champs denses en étoiles de la Voie Lactée estivale. La richesse en étoile du secteur du Cygne où elle se trouve rend son repérage ardu, même avec l'aide du "go to". A faible grossissement, à 90x avec le Nagler 22 mm, elle apparaît quasi stellaire. Une carte du ciel ou une photo précise est nécessaire pour la localiser. En poussant le grossissement à 400x, l'objet est plutôt lumineux et dévoile sa nature nébuleuse. M1-92 montre de lobes distincts en contact, l'un étant plus gros que l'autre, son aspect colle bien avec son surnom de l'empreinte de pas.

 


Dessin : M1-92 - Proto nébuleuse planétaire dans le Cygne
Télescope Celestron de 203 mm à 400x (Nagler 5 mm)
Montdenier (04)


Non loin de M 1-92, se trouve un autre petit objet très compact, il s'agit de PK 64+5.1 (11,4m - 13"x10"), alias l'étoile à hydrogène de Campbell. Voilà une nouvelle proto nébuleuse planétaire, une bulle de matière émise par HD 184738, une étoile de deux masses solaires de type Wolf Rayet carbonée (type WC9), qui chauffe à 50 000 K et expulse ses couches externes. Au télescope, le défi est plus de la repérer au milieu des innombrables de la Voie Lactée que de la voir, car elle est plutôt lumineuse. Là aussi, il faut pas mal grossir pour la distinguer des étoiles. A 400x, on la distingue comme une étoile, entourée d'une petite bulle diffuse. Sa structure présente une double coquille de matière, la première est proche de l'étoile et brillante, et la seconde forme un halo externe faible, avec une bordure diffuse. PK 64+5.1 émet fortement en H alpha, ce qui lui confère une teinte rougeâtre prononcée, que certains observateurs ont noté dans des instruments de gros diamètres. Dans mon télescope de 203 mm, je n'ai pas noté de couleur, le flux lumineux à ce diamètre était certainement trop faible.

 

Dessin : PK64+5.1 - Proto nébuleuse planétaire dans le Cygne
Télescope Celestron de 203 mm à 400x (Nagler 5 mm)
Montdenier (04)



L'étoile à hydrogène de Campbell est réputée pour montrer de belles raies d'émission dans son spectre. Du coup je me suis livré à une petite expérience de spectroscopie visuelle avec mon réseau Baader 200 traits. Même si le flux de lumière à travers le C8 n'est pas suffisant pour révéler l’étalage de couleur du spectre visible, les raies d'émission sont quant à elles parfaitement observables ! D'après leur disposition (nous avons à l'oculaire une bonne partie des raies d'émission caractéristiques de l'hydrogène appartenant à la série de Balmer), je devine que le bleu est à gauche et le rouge à droite. Et en suivant cet axe de lecture, nous avons probablement le H gamma dans le bleu (à l'extrême gauche), ensuite la raie du carbone (CIII), immédiatement flanquée à sa droite d'une condensation très forte qui correspond au H bêta (dans le bleu-vert), puis un renflement un peu large dans ce qui doit être la zone de l'orange. On a ici un enchainement de raies plus modestes mal dissociées (une autre raie CIII, l'azote NII, une nouvelle raie du carbone CIV et l'hélium He I), et pour terminer une petite condensation à l'extrême droite où se situe le rouge, il s'agit du H alpha. Avec Serge, nous nous affairons à dessiner ce spectre détaillé avec un plaisir non dissimulé, car c'est sans nul doute une observation peu banale. C'est toujours un grand plaisir d'associer un peu de science à de la découverte visuelle des objets.


Il commence à se faire bien tard et je suis rattrapé par la fatigue et le sommeil. Avant d'aller dormir dans le camping car de Gilles, je tente une dernière expérience, mais en photo cette fois-ci. Comme le ciel me paraît vraiment très dégagé vers le sud, je vois qu'il y a de la place sous les étoiles de la constellation du Sculpteur. je parviens même à deviner la présence de l’étoile Gamma de la Grue au raz des reliefs lointains. Je sais qu'il y a une belle galaxie australe juste au nord de cet astre, il s'agit de NGC 55 (7,9m - 31,2'x5,9'). La dernière fois que je l'ai observé j'étais dans le désert du Kalahari en Namibie ! Je lance le Seestar S50 pro vers cette destination, et bien m'en a pris car quelques dizaines de secondes plus tard, voilà que la galaxie apparaît sur mon écran ! Le fond de ciel n'est pas trop "pourri" sur l'image, du coup je laisse le smart télescope accumuler des poses. Et voilà, le portrait de NGC 55 est dans la boite ! C'est assez incroyable d'arriver à faire une telle photo à notre latitude boréale. NGC 55 est une galaxie spirale barrée magellanique de type SB(s)m. Il s'agit d'une voisine de notre Groupe Local galactique, elle est situé à seulement 6,5 millions d’années-lumière.Son disque galactique de taille modeste, s'étire sur près de 68 500 années-lumière, il est vu de côté et présente une structure asymétrique. 

 


NGC 55 -  Galaxie dans le Sculpteur
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 60x30s en mode EQ
Montdenier (04)

 

Voilà une très belle nuit qui s'achève. Que çà fait du bien de retrouver le chemin des étoiles ! Et dans un décors pareil, que demander de plus.


 

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samedi 5 septembre 2026

SN2026aaiv : Une nouvelle supernova est apparue dans la galaxie NGC 7331

 

La belle galaxie NGC 7331 (10,4m - 10,2'x4,2') de la constellation de Pégase a remis çà ! Un an après avoir hébergé la SN2025rbs, une nouvelle supernova a été découverte le 1er septembre 2026 dans cette galaxie spirale, et comme la précédente, elle se situe dans la proche périphérie du bulbe central. NGC 7331 est une galaxie très prolifique, car elle a abrité pas moins de 5ème supernovae en 67 ans : 1959D, 2013bu, 2014C, 2025rbs et désormais 2026aaiv. Cette dernière est de type Ia, il s'agit d'une supernova thermonucléaire, qui résulte de la cannibalisation d'une étoile par une naine blanche, ou de la fusion de deux naines blanches. Au 6 septembre, sa magnitude est estimée à 13,9m, elle est aussi brillante que celle de 2025. Ce phénomène cataclysmique et hyper énergétique se déroule à 23,6 millions d'années-lumière. 

 

Le 12 septembre 2026 à 23h42 HL

J'ai profité d'un séjour sous le très bon ciel du Verdon pour faire une nouvelle image de la galaxie NGC 7331 et de la supernova 2026 aaiv. La galaxie spirale dévoile bien mieux l'étendue de son disque galactique et la complexité de ses bras. Quant à la supernova, elle semble avoir encore gagné en éclat, elle doit être proche de 12m.

 

 

NGC 7331 et SN 2026aaiv -  Galaxie et supernova dans Pégase
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 61x30s en mode EQ
Montdenier (04)

 

En dézoomant l'image, nous pouvons découvrir la présence de nombreuses petites galaxies environnantes. Notamment celles qui constituent le célèbre Quintette de Stéphan (groupe Hickson 92), à droite de NGC 7331. Ces galaxies sont beaucoup plus éloignées que la grande spirale, elles sont situées à 294 millions d'années-lumière. 


J'ai également pris le temps d'observer visuellement la galaxie et sa supernova avec mon Nexstar 8 SE, un télescope de 203 mm, j'en ai même fait un dessin. La supernova est parfaitement observable à ce diamètre. NGC 7331 commence à dévoiler quelques détails de sa structure spirale, notamment une belle bande d’absorption qui longe son bord ouest. Notons également la présence de deux petites galaxies faibles juste à l'est de la grande spirale, il s'agit de NGC 7335 (13,3m - 1,2'x0,6') et NGC 7337 (14,4m - 1,0'x0,8').
 
 

Dessin : NGC 7331 et SN2026aaiv - Galaxie dans Pégase
Télescope Celestron de 203 mm à 133x (Omegon Panorama II de 15 mm)
Montdenier (04)

  

Le 8 septembre 2026 à 0h17 HL

Retour sur la supernova deux jours plus tard, avec de meilleures conditions atmosphériques que le 6 septembre. SN2026aaiv semble avoir légèrement gagné en éclat. 

 


 NGC 7331 et SN 2026aaiv -  Galaxie et supernova ans Pégase
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 150x20s
Marseille (13)

  

Le 6 septembre 2026 à 0h24 HL

J'ai pu photographier la supernova de NGC 7331 avec mon nouveau Seestar S50 pro, fraichement arrivé. La galaxie est haute dans le ciel en milieu de nuit, une situation propice pour la détailler. Sur l'image, SN 2026aaiv est clairement perceptible, à seulement 20"SE du noyau de la spirale, elle brille à 13,9m. 


  NGC 7331 et SN 2026aaiv -  Galaxie et supernova ans Pégase
ZWO Seestar S50 pro 50/260 mm - Pose de 143x20s
Marseille (13) 

 

mardi 1 septembre 2026

La nova Sagittarii 2026 n°3, une nova de plus dans le ciel du soir !

 

Cette nova a été découverte le 19 août 2026 à la magnitude 9,5 par le NMW Texas Tech Survey. Elle est localisée en direction de la constellation du Sagittaire, dans un champ très riche en étoiles, en pleine Voie Lactée. Il s'agit d'un système binaire en interaction comprenant une naine blanche, la petite étoile très dense et massive récupérant la matière de sa voisine. L'explosion du disque d'accrétion accumulé par la naine blanche a fait passer la visibilité de la binaire d'une magnitude de 21,6 à 8,5, la rendant 250 000 fois plus brillante qu'à l'ordinaire !  Elle se trouve aux coordonnées suivantes : 18h 25m 12.76s et -22° 25' 29.3".

 

Le 29 août 2026 à 22h08 HL

J'ai photographié cette nova 10 jours après sa découverte, mais elle demeure toujours bien visible. Comme toutes les novae dont je tire le portrait, elle montre une teinte légèrement rouge.


 La nova Sagittarii 2026 n°3 (V5088 Sgr) -  Dans le Sagittaire
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 154x10s
Marseille (13)

 

samedi 29 août 2026

La brillante nova Sagittae 2026 (V488 Sge)

Une nova lumineuse a été découverte le 25 août 2026 par le NMW Texas Tech Survey. Elle est située en direction de la constellation de la Flèche, à 34'OSO de l'étoile géante rouge Delta Sagittae (3,68m à 3,90m). La nova Sge 2026, aussi nommée V488 Sge, brille en cette fin de mois d'août à la magnitude 7m, ce qui la rend accessible aux plus petits instruments. Son statut de nova a été confirmé par spectre, elle montre des raies d'émission flanquées de raies d'absorption aux longueurs d'onde du H alpha et du H bêta, avec un profil typique de type P Cygni. Cette nova est haute dans le ciel en début de nuit, n'hésitez pas à partir à sa recherche. Vous la trouverez aux coordonnées suivantes : 19 45 06.48 et +18 22 42.2.

 

Le 3 septembre 2026 à 0h14 HL

Retour sur la nova Sagittae 2026 avec le Seestar S50, on notera qu'en seulement quatre jours sa magnitude a malheureusement déjà bien chuté, elle approche désormais 9,5m.

 

La nova Sagittae 2026 (V488 Sge) -  Dans la Flèche
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 153x10s
Marseille (13)

 

Le 29 août 2026 à 0h15 HL

Première image de la nova Sagittae 2026 avec le Seestar S50. Sur l'image elle montre une teinte tirant vers le rouge et une magnitude qui semble proche de 8,0m. Notons que l'étoile génitrice serait une binaire à éclipse serrée dont la magnitude initiale approche 20. Cette binaire comprend une naine blanche qui accumule autour d'elle des masses d'hydrogène arrachées à sa voisine, c'est ce disque d'accrétion qui est à l'origine de l'explosion à laquelle nous assistons. En connaissant son éclat apparent d'origine, nous pouvons vraiment apprécier l'ampleur de ce sursaut phénoménal, l'étoile est passée de 20m à 7m ! Attention, Delta Sge n'est pas dans le champ de l'image, l'étoile orange brillante présente en haut à gauche de la nova est HD 186569 de 6,8m, une étoile rouge de type M0 aussi connue sous la référence V342 Sge.


  La nova Sagittae 2026 (V488 Sge) -  Dans la Flèche
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 159x10s
Marseille (13)

 

vendredi 21 août 2026

Les nébuleuses obscures Barnard 142 et 143 de l'Aigle

 

Barnard 142 et 143 sont des nébuleuses obscures de la constellation de l'Aigle, de grands nuages interstellaires d'hydrogène moléculaire et de poussières qui bloquent le rayonnement des étoiles situées derrière elles. Aussi elles ressemblent à de grands vides dans le ciel. Leur distance est évaluée à 2000 années-lumière. Le complexe formé par Barnard 142 et 143 dessine une forme rappelant vaguement un "E" sombre.

 

 

 Les nébuleuses obscures Barnard 142 et 143 -  Dans l'Aigle
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 15x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)

 

dimanche 9 août 2026

Les nébuleuses du Cygne photographiées dans les Alpes

 

Liens rapides : 09/08/2026 (Oisans) -  12/02/2018 (Montmaur) - 19/06/2017 (Gordolasque)

 

Me voilà parti quelques jours à la montagne dans le massif de l’Oisans. J’ai profité de quelques fenêtres de temps clair et sans lune en début de nuit pour faire une petite session d'astrophotographie avec le seestar S30 Pro. Comme la constellation du Cygne est bien haute dans le ciel en cette saison, j’ai choisi d’immortaliser quelques nébuleuses de cette zone de la Voie Lactée.

Je commence par le grand champ de nébuleuses qui entourent l’étoile supergéante jaune Sadr (2,23m), aussi connue sous le nom de Gamma Cygni. Ces nébuleuses, répertoriées sous le matricule IC1318 (de “a” à “e”), semblent proches de Sadr, mais l’étoile est en réalité placée en avant-plan de ces grandes régions HII, à 1800 années lumières. La distance des grands nuages d’hydrogène ionisé est assez mal connue, elles semblent s'étendre entre 2000 et 5000 années lumière. Notons également la présence juste au dessus de Sadr de l'amas ouvert NGC 6910 (7,4m - 10'). Situé à 5350 années-lumière, il englobe une cinquantaine d'étoiles jeunes et chaudes. l'amas n'est âgé que de 10 millions d'années.
 


 
 La nébuleuse IC1318 "le papillon" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 86x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


Je poursuis avec une nébuleuse bien plus petite, il s’agit de Sh2-101 (16’x9’), surnommée la tulipe. Cette région HII perdue dans les champs stellaires riches de la Voie Lactée est située à 8700 années-lumière de nous, elle s’étend sur près de 11 années-lumière. Il s'agit d’une région de formation d’étoiles ionisée par une étoile bleue, jeune et très chaude, de type O6.5III. 
 
 
     
 La nébuleuse Sh2-101 "la tulipe" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 72x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


En journée le spectacle des paysages naturels terrestres est également de toute beauté. Quelques ballades valent vraiment le coup, j’ai particulièrement été émerveillé par le décor montagneux qui entoure le lac de barrage de Grand Maison. Cette impressionnante retenue d’eau aux reflets turquoise culmine à 1608 m d’altitude. 
 
 
Le lac est longé d’une route qui grimpe jusqu'au col du Glandon et à celui de la Croix de fer. Sur le chemin, nous changeons de département en passant de l’Isère à la Savoie. Le belvédère de la Croix de fer se trouve à 2062 m d’altitude, il offre un point de vue remarquable sur les sommets environnants, notamment sur les pics des Aiguilles d’Arves.
 
  
 


Seconde nuit

Après une journée orageuse, le ciel a été lavé par la pluie et ce soir la transparence de l’atmosphère est excellente. J'ai essayé de m'éloigner un peu de la station d'Oz en Oisans pour m'abriter de la pollution lumineuse mais dans le coin ce n'est pas évident, l'éclairage est puissant ... J'ai fini par installer le Seestar S30 pro sur un chemin de randonnée qui passe sous le téléphérique de Poutran.
 
 

 
Je continue mon tour photographique des nébuleuses du Cygne. Je commence la soirée par la grande et belle NGC 7000 (170’x130’), dont la forme très évocatrice lui a valu le surnom de l’Amérique du Nord. Cette nébuleuse est tellement étendue qu’elle tient tout juste sur le capteur IMX585 du S30 Pro. Je n’ai même pas pu intégrer la nébuleuse voisine du Pélican à l’image. Ngc 7000 est localisée à 2600 années-lumière, elle s'étend sur 90 années lumière. Les astronomes ont longtemps cherché quelle pouvait être l’étoile chaude à l’origine de l’ionisation de la région HII. La brillante géante blanche Deneb, située dans les parages de la nébuleuse, a été une candidate envisagée, cependant elle ne dégage pas assez d’énergie pour exciter les volutes d’hydrogène. Finalement, en 2004, une étoile très chaude de type O8 a été repérée dans la zone de poussières obscures LDN 935 qui borde toute la côte “est” de l’Amérique du Nord, il s’agit de J205551.3+435225. Cette étoile jeune et bleue chauffe à 40000K, elle apparaît très discrète (13m) car son éclat est largement amoindri par les nuages de poussières opaques situés entre elle et nous. 

 


   La nébuleuse NGC 7000 "L'Amérique du Nord" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 80x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)

J’enchaîne avec une autre nébuleuse, bien moins connue que la précédente. Je m’intéresse cette fois-ci à Simeis 57 (25’x12’), aussi cataloguée sous la référence DWB111. Les astrophotographes la connaissent aussi sous le surnom de nébuleuse de l'hélice ou du “X”. Cette région HII se situe à 5500 années- lumières de nous, il s’agit d'une petite partie d’un complexe d’hydrogène ionisé beaucoup plus étendu. Simeis 57 ne semble pas abriter d’étoiles excitatrices dans sa structure. La responsable de l'ionisation de la nébuleuse semble être HD 193793 (WR 140), une supergéante très chaude et bleue de type O4-5, qui est aussi une binaire Wolf-Rayet de type WC7. Elle est désignée comme source d'excitation bien qu’elle soit située à une distance importante de 50 minutes d'arc, soit environ 25 pc à la distance de 1,7 kpc de l'étoile.
 
 


 La nébuleuse Simeis 57 "l'hélice" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 74x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


Durant la journée, j'ai pu découvrir les magnifiques paysages d’alpages des lacs inférieurs du massif des Grandes Rousses. Ils sont accessibles en randonnée depuis l’Alpe d’Huez. Ces lacs d’altitude culminent à plus de 2050m, à commencer par le très beau lac Besson où vivent de nombreuses truites.
 
 

Lors de la marche sur le plateau des lacs des Petites Rousses, nous pouvons découvrir plusieurs lacs en enfilade, en partant de l'Alpe d'Huez nous croisons d'abord le lac Besson, puis le lac Faucille, et en dernier le lac Carrelet. Les lacs ont tous des couleurs différentes, ils sont entourés de prairies humides et de rochers polis par les glaciers, la vue est somptueuse.
 

 
En contrebas du lac Besson se trouve également le lac Noir, il est un peu caché car il ne se voit pas depuis le plateau, mais il vaut le détour. Le panorama est sublime, le miroir d'eau se détache en avant plan des massifs de Belledonne et Taillefer.
 

Il faut ouvrir l’œil dans les alpages, on peut y observer de jolis papillons.
 

 


Dernière nuit 

Pour ma dernière soirée d’astrophoto je m'attelle au grand champ des dentelles du Cygne. Il s’agit cette fois ci d’un rémanent de supernova, c'est à dire le vestige de matière d’une étoile supergéante parvenue en fin de vie et qui a violemment explosé voilà 10 000 ans. Le rémanent continue de s’étendre dans l’espace et forme un réseau complexe de filaments d’hydrogène et d’oxygène ionisé qui s’étend sur un demi degré dans le ciel. Les différentes parties de l'objet occupent tout le champ couvert par le seestar S30 Pro, on distingue la grande dentelle (NGC 6992-5 et IC1340), la petite dentelle qui passe sur l’étoile 52 Cygni (NGC6960), mais aussi le triangle de Pickering qui se situe entre les deux arcs brillants. L’ensemble du complexe porte également la référence Sh2-103. La distance de cette bulle de gaz déchiquetée n'est pas connue avec précision, elle se trouverait entre 1500 et 2500 années-lumière de nous. Notons que le pulsar résiduel de l’ancienne supergéante n’a pas été repéré à ce jour.
 

 
 Le rémanent de supernova NGC 6960 et 6992-5 "les dentelles" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 64x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)

Je termine mon tour en rendant visite à la nébuleuse du croissant, NGC 6888 (7,4m - 18’x13’). Voici un rémanent de Wolf Rayet, une bulle de gaz émise par les vents stellaires violents d’une jeune étoile massive, bleue et très chaude (70 000K !). Cette étoile, nommée HD 192163 (WR 136), est de type WN6, elle n’est âgée que de 4,7 millions d’années mais elle évolue rapidement vers le stade de supergéante rouge qu’elle atteindra dans 100 ou 200 000 ans. Sa distance est estimée à 5000 années-lumière.
 
  
  
 Le rémanent de Wolf Rayet NGC 6888 "le croissant" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 70x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)
 
Pour terminer, je vous propose encore une image des magnifiques paysages de l'Oisans. Voici le lac Buclet avec, au fond de la vallée, l'Aiguille de Venosc (2830 m).
 

 
 Liens rapides : 09/08/2026 (Oisans) -  12/02/2018 (Montmaur) - 19/06/2017 (Gordolasque)
 
 

mercredi 15 juillet 2026

SN2026sqf : Une supernova lumineuse dans la galaxie NGC 3310 de la Grande Ourse

Une nouvelle supernova a été découverte le 8 juillet 2026 par l'astronome amateur américain Patrick Wiggins, l'explosion a été détectée dans la galaxie NGC 3310 (10,8m - 3,1'x2,4'), une spirale de type SAB(r)bc pec située à 43 millions d'années-lumière en direction de la constellation de la Grande Ourse. Nommée SN2026sqf, cette supernova de type II brillait à la magnitude 13,4m lors de sa première observation, et depuis elle a progressivement gagné en éclat pour atteindre 12,6m à la mi juillet. NGC 3310 est une galaxie de taille modeste, son disque galactique s'étend sur près de 48 000 années-lumière, elle est deux fois plus petite que notre Voie lactée. Mais elle se distingue par sa structure fortement bleutée qui indique qu'elle connaît une intense activité de formation d'étoiles géantes bleues très chaudes, qui ont une vie relativement courte et sont typiquement des candidates à supernova.  


Le 23 juillet 2026 à 0h08 HL

La météo s'est enfin améliorée en début de soirée et j'ai pu refaire une image de la supernova 2026sqf avec le Seestar S50. Cette fois-ci j'ai eu le temps d'accumuler plus d'images et le halo de NGC 3310 commence à se révéler. Quant à la supernova elle est toujours aussi bien visible, elle est désormais de magnitude 11,9m.


  La supernova 2026sqf et la galaxie NGC 3310 -  Dans la Grande Ourse
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 234x10s
Marseille (13)



Le 15 juillet 2026 à 0h34 HL

J'ai pu faire une première image de NGC 3310 et de sa supernova avec le Seestar S50. Malheureusement les conditions de prise de vue était assez médiocre, avec un voile de brume qui dégradait fortement la transparence du ciel. Malgré ces piètres conditions la supernova était bien visible, elle montre une teinte bleutée en adéquation avec l'énergie phénoménale qu'elle dégage. Ce soir son éclat apparent semble proche de 12,6m. Quant à NGC 3310, elle présente une région centrale très lumineuse mais également très compacte. Avec la courte focale du Seestar S50 elle demeure très compact. Sous un meilleur ciel, avec des temps de poses plus longs, ses spires discrètes devraient pouvoir se révéler.


   La supernova 2026sqf et la galaxie NGC 3310 -  Dans la Grande Ourse
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 172x10s
Marseille (13)

 

dimanche 5 juillet 2026

La discrète nova Aquilae 2026 (V2104 Aql)

Une nova a été découverte le 1er juillet 2026 par le chinois Min-rui Ning et le taïwanais Hui-xuan Lin, deux observateurs travaillant dans le cadre du relevé « Zwicky Transient Facility » (ZTF). Son étude spectroscopique montre de larges raies d'émission de Balmer bordées de raies d'absorption de type P Cygni. Son spectre s'apparente à celui d'une nova de type Fe II. Située dans la constellation de l'Aigle, elle porte désormais le nom de nova Aquilae 2026, ou V2104 Aql. Elle est bien placée pour être observée dans le ciel du soir. Sa magnitude approche 11,8m, elle serait proche de son éclat maximal. Son apparence est rougie est amoindrie par la présence de matière interstellaire située entre elle et nous. Vous pouvez partir à sa recherche à partir des coordonnées suivantes : 19h14m31s,37, +12°03'53",6.

 

Le 6 juillet 2026 à 1h16 HL

Nouvelle image de la nova Aquilae 2026, un jour après. Elle semble avoir légèrement perdu en éclat malgré un temps de stacking plus long que la veille. Sa teinte rougeâtre est par contre toujours bien visible. Les dernières études spectroscopiques montrent que le profil P Cygni s'est atténué pour laisser place à des raies d'émission plus importantes.

 


  La nova Aquilae 2026 (V2104 Aql) -  Dans l'Aigle
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 182x10s
Marseille (13)

 

Le 5 juillet 2026 à 2h04 HL

J'ai pu faire une première image de la nova Aquilae 2026 alors qu'elle s’apprêtait à passer au méridien. Elle est bien visible sur l'image prise au Seestar S50, elle montre une teinte rougeâtre clairement perceptible.

 


   La nova Aquilae 2026 (V2104 Aql) -  Dans l'Aigle
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 106x10s
Marseille (13)

 

 

lundi 29 juin 2026

T Lyrae, une célèbre étoile carbonée bien rouge

Dans la saga des étoiles carbonées très rouges, voici la variable T Lyrae, dont l'éclat apparent oscille entre 7,8m à 9,6m. Cet astre est situé à 2300 années-lumière en direction de la constellation de la Lyre, son spectre est de type C6,5 (R6) ou C8 selon les sources. Une étoile carbonée est une géante rouge dont l’atmosphère contient plus de carbone qu'une géante rouge ordinaire. Le carbone a la propriété d'absorber une grande partie du rayonnement bleu de l'étoile et de ce fait ces astres apparaissent très rouge (l'indice de couleur de T Lyrae est de 5,51!). Cette étoile "froide" possède une température de surface de seulement 3 300 K, elle mesure près de 130 fois le diamètre de notre Soleil.  

 


  L'étoile carbonée T Lyrae le 25 juin 2026 -  Dans la Lyre
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 81x10s
Marseille (13)

 

Elle se trouve aux coordonnées suivantes : 18h32m20s et +36°59'55". 

 

samedi 20 juin 2026

S Scuti, une étoile géante rouge carbonée

Les courtes nuits du mois de juin sont peu propices à l'imagerie du ciel profond, c'est donc le moment de s'intéresser aux étoiles doubles, variables, ou colorées. Aujourd'hui je vous propose de découvrir le monde des étoiles "rubis", c'est à dire les étoiles les plus rouges du ciel : les carbonées. Avec le Seestar S50 je me suis intéressé à l'une d'entre elles, bien visible en ce moment en direction de la constellation de l’Écu, il s'agit de S Scuti. Cette géante rouge vieille et froide (2750K) mesure près de 110 fois le diamètre du Soleil. Elle est située à 1300 années-lumière, sa classification spectrale est de type C6.4(N3). S Scuti est une étoile carbonée suffisamment brillante pour être attrayante en observation visuelle ou en imagerie. Elle est aussi connue pour être une variable semi-régulière oscillant entre 6,6m et 7,3m selon un cycle de 148 jours.

 

 L'étoile carbonée S Scuti le 20 juin 2026 -  Dans l'Ecu
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 125x10s
Marseille (13)
 
Les étoiles carbonées apparaissent dans la classification spectrale en dernier, parmi les astres les moins chauds (moins de 3700°), que sont les étoiles de type M. Elles sont dîtes de type “C”. Elles sont donc très rouges et se distinguent de ces dernières par la présence dans leurs spectres de raies d’absorption particulières, en l’ocurence des bandes moléculaires du carbone (C2, CN, CO), et l’absence d’oxyde de titane (TiO), qui caractérise le type spectral M. 
 

Ces étoiles carbonées sont entourées d’une atmosphère de gaz et de poussières riche en molécules carbonées dont l’une des propriétés est de bloquer la lumière bleue, ce qui accentue l’impression de rougeur. C'est d'ailleurs le cas de S Scuti, dont l'enveloppe aurait commencé son expansion il y a 16 000 ans, elle s'étend aujourd'hui sur près de 0,4 années-lumière. Cette bulle de matière s'étend sur environ 70" d'arc dans le ciel et se révèle principalement en infrarouge, elle n'apparaît pas sur mon image prise au Seestar S50.  


 S Scuti est située aux coordonnées suivantes :  18h50m20s et -7°54'27".