dimanche 9 août 2026

Les nébuleuses du Cygne photographiées dans les Alpes

 

Me voilà parti quelques jours à la montagne dans le massif de l’Oisans. J’ai profité de quelques fenêtres de temps clair et sans lune en début de nuit pour faire une petite session d'astrophotographie avec le seestar S30 Pro. Comme la constellation du Cygne est bien haute dans le ciel en cette saison, j’ai choisi d’immortaliser quelques nébuleuses de cette zone de la Voie Lactée.

Je commence par le grand champ de nébuleuses qui entourent l’étoile supergéante jaune Sadr (2,23m), aussi connue sous le nom de Gamma Cygni. Ces nébuleuses, répertoriées sous le matricule IC1318 (de “a” à “e”), semblent proches de Sadr, mais l’étoile est en réalité placée en avant-plan de ces grandes régions HII, à 1800 années lumières. La distance des grands nuages d’hydrogène ionisé est assez mal connue, elles semblent s'étendre entre 2000 et 5000 années lumière. Notons également la présence juste au dessus de Sadr de l'amas ouvert NGC 6910 (7,4m - 10'). Situé à 5350 années-lumière, il englobe une cinquantaine d'étoiles jeunes et chaudes. l'amas n'est âgé que de 10 millions d'années.
 


 
 La nébuleuse IC1318 "le papillon" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 86x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


Je poursuis avec une nébuleuse bien plus petite, il s’agit de Sh2-101 (16’x9’), surnommée la tulipe. Cette région HII perdue dans les champs stellaires riches de la Voie Lactée est située à 8700 années-lumière de nous, elle s’étend sur près de 11 années-lumière. Il s'agit d’une région de formation d’étoiles ionisée par une étoile bleue, jeune et très chaude, de type O6.5III. 
 
 


 La nébuleuse Sh2-101 "la tulipe" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 72x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


En journée le spectacle des paysages naturels terrestres est également de toute beauté. Quelques ballades valent vraiment le coup, j’ai particulièrement été émerveillé par le décor montagneux qui entoure le lac de barrage de Grand Maison. Cette impressionnante retenue d’eau aux reflets turquoise culmine à 1608 m d’altitude. 
 
 
Le lac est longé d’une route qui grimpe jusqu'au col du Glandon et à celui de la Croix de fer. Sur le chemin, nous changeons de département en passant de l’Isère à la Savoie. Le belvédère de la Croix de fer se trouve à 2062 m d’altitude, il offre un point de vue remarquable sur les sommets environnants, notamment sur les pics des Aiguilles d’Arves.
 
  
 


Seconde nuit

Après une journée orageuse, le ciel a été lavé par la pluie et ce soir la transparence de l’atmosphère est excellente. J'ai essayé de m'éloigner un peu de la station d'Oz en Oisans pour m'abriter de la pollution lumineuse mais dans le coin ce n'est pas évident, l'éclairage est puissant ... J'ai fini par installer le Seestar S30 pro sur un chemin de randonnée qui passe sous le téléphérique de Poutran.
 
 

 
Je continue mon tour photographique des nébuleuses du Cygne. Je commence la soirée par la grande et belle NGC 7000 (170’x130’), dont la forme très évocatrice lui a valu le surnom de l’Amérique du Nord. Cette nébuleuse est tellement étendue qu’elle tient tout juste sur le capteur IMX585 du S30 Pro. Je n’ai même pas pu intégrer la nébuleuse voisine du Pélican à l’image. Ngc 7000 est localisée à 2600 années-lumière, elle s'étend sur 90 années lumière. Les astronomes ont longtemps cherché quelle pouvait être l’étoile chaude à l’origine de l’ionisation de la région HII. La brillante géante blanche Deneb, située dans les parages de la nébuleuse, a été une candidate envisagée, cependant elle ne dégage pas assez d’énergie pour exciter les volutes d’hydrogène. Finalement, en 2004, une étoile très chaude de type O8 a été repérée dans la zone de poussières obscures LDN 935 qui borde toute la côte “est” de l’Amérique du Nord, il s’agit de J205551.3+435225. Cette étoile jeune et bleue chauffe à 40000K, elle apparaît très discrète (13m) car son éclat est largement amoindri par les nuages de poussières opaques situés entre elle et nous. 

 


   La nébuleuse NGC 7000 "L'Amérique du Nord" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 80x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)

J’enchaîne avec une autre nébuleuse, bien moins connue que la précédente. Je m’intéresse cette fois-ci à Simeis 57 (25’x12’), aussi cataloguée sous la référence DWB111. Les astrophotographes la connaissent aussi sous le surnom de nébuleuse de l'hélice ou du “X”. Cette région HII se situe à 5500 années- lumières de nous, il s’agit d'une petite partie d’un complexe d’hydrogène ionisé beaucoup plus étendu. Simeis 57 ne semble pas abriter d’étoiles excitatrices dans sa structure. La responsable de l'ionisation de la nébuleuse semble être HD 193793 (WR 140), une supergéante très chaude et bleue de type O4-5, qui est aussi une binaire Wolf-Rayet de type WC7. Elle est désignée comme source d'excitation bien qu’elle soit située à une distance importante de 50 minutes d'arc, soit environ 25 pc à la distance de 1,7 kpc de l'étoile.
 
 


 La nébuleuse Simeis 57 "l'hélice" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 74x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)


Durant la journée, j'ai pu découvrir les magnifiques paysages d’alpages des lacs inférieurs du massif des Grandes Rousses. Ils sont accessibles en randonnée depuis l’Alpe d’Huez. Ces lacs d’altitude culminent à plus de 2050m, à commencer par le très beau lac Besson où vivent de nombreuses truites.
 
 

Lors de la marche sur le plateau des lacs des Petites Rousses, nous pouvons découvrir plusieurs lacs en enfilade, en partant de l'Alpe d'Huez nous croisons d'abord le lac Besson, puis le lac Faucille, et en dernier le lac Carrelet. Les lacs ont tous des couleurs différentes, ils sont entourés de prairies humides et de rochers polis par les glaciers, la vue est somptueuse.
 

 
En contrebas du lac Besson se trouve également le lac Noir, il est un peu caché car il ne se voit pas depuis le plateau, mais il vaut le détour. Le panorama est sublime, le miroir d'eau se détache en avant plan des massifs de Belledonne et Taillefer.
 

Il faut ouvrir l’œil dans les alpages, on peut y observer de jolis papillons.
 

 


Dernière nuit 

Pour ma dernière soirée d’astrophoto je m'attelle au grand champ des dentelles du Cygne. Il s’agit cette fois ci d’un rémanent de supernova, c'est à dire le vestige de matière d’une étoile supergéante parvenue en fin de vie et qui a violemment explosé voilà 10 000 ans. Le rémanent continue de s’étendre dans l’espace et forme un réseau complexe de filaments d’hydrogène et d’oxygène ionisé qui s’étend sur un demi degré dans le ciel. Les différentes parties de l'objet occupent tout le champ couvert par le seestar S30 Pro, on distingue la grande dentelle (NGC 6992-5 et IC1340), la petite dentelle qui passe sur l’étoile 52 Cygni (NGC6960), mais aussi le triangle de Pickering qui se situe entre les deux arcs brillants. L’ensemble du complexe porte également la référence Sh2-103. La distance de cette bulle de gaz déchiquetée n'est pas connue avec précision, elle se trouverait entre 1500 et 2500 années-lumière de nous. Notons que le pulsar résiduel de l’ancienne supergéante n’a pas été repéré à ce jour.
 

 
 Le rémanent de supernova NGC 6960 et 6992-5 "les dentelles" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 64x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)

Je termine mon tour en rendant visite à la nébuleuse du croissant, NGC 6888 (7,4m - 18’x13’). Voici un rémanent de Wolf Rayet, une bulle de gaz émise par les vents stellaires violents d’une jeune étoile massive, bleue et très chaude (70 000K !). Cette étoile, nommée HD 192163 (WR 136), est de type WN6, elle n’est âgée que de 4,7 millions d’années mais elle évolue rapidement vers le stade de supergéante rouge qu’elle atteindra dans 100 ou 200 000 ans. Sa distance est estimée à 5000 années-lumière.
 
  
 Le rémanent de Wolf Rayet NGC 6888 "le croissant" -  Dans le Cygne
ZWO Seestar S30 pro 30/160 mm - Pose de 70x30s en mode EQ 
Oz en Oisans (38)
 
Pour terminer, je vous propose encore une image des magnifiques paysages de l'Oisans. Voici le lac Buclet avec, au fond de la vallée, l'Aiguille de Venosc (2830 m).
 

 
 

mercredi 15 juillet 2026

SN2026sqf : Une supernova lumineuse dans la galaxie NGC 3310 de la Grande Ourse

Une nouvelle supernova a été découverte le 8 juillet 2026 par l'astronome amateur américain Patrick Wiggins, l'explosion a été détectée dans la galaxie NGC 3310 (10,8m - 3,1'x2,4'), une spirale de type SAB(r)bc pec située à 43 millions d'années-lumière en direction de la constellation de la Grande Ourse. Nommée SN2026sqf, cette supernova de type II brillait à la magnitude 13,4m lors de sa première observation, et depuis elle a progressivement gagné en éclat pour atteindre 12,6m à la mi juillet. NGC 3310 est une galaxie de taille modeste, son disque galactique s'étend sur près de 48 000 années-lumière, elle est deux fois plus petite que notre Voie lactée. Mais elle se distingue par sa structure fortement bleutée qui indique qu'elle connaît une intense activité de formation d'étoiles géantes bleues très chaudes, qui ont une vie relativement courte et sont typiquement des candidates à supernova.  


Le 23 juillet 2026 à 0h08 HL

La météo s'est enfin améliorée en début de soirée et j'ai pu refaire une image de la supernova 2026sqf avec le Seestar S50. Cette fois-ci j'ai eu le temps d'accumuler plus d'images et le halo de NGC 3310 commence à se révéler. Quant à la supernova elle est toujours aussi bien visible, elle est désormais de magnitude 11,9m.


  La supernova 2026sqf et la galaxie NGC 3310 -  Dans la Grande Ourse
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 234x10s
Marseille (13)



Le 15 juillet 2026 à 0h34 HL

J'ai pu faire une première image de NGC 3310 et de sa supernova avec le Seestar S50. Malheureusement les conditions de prise de vue était assez médiocre, avec un voile de brume qui dégradait fortement la transparence du ciel. Malgré ces piètres conditions la supernova était bien visible, elle montre une teinte bleutée en adéquation avec l'énergie phénoménale qu'elle dégage. Ce soir son éclat apparent semble proche de 12,6m. Quant à NGC 3310, elle présente une région centrale très lumineuse mais également très compacte. Avec la courte focale du Seestar S50 elle demeure très compact. Sous un meilleur ciel, avec des temps de poses plus longs, ses spires discrètes devraient pouvoir se révéler.


   La supernova 2026sqf et la galaxie NGC 3310 -  Dans la Grande Ourse
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 172x10s
Marseille (13)

 

dimanche 5 juillet 2026

La discrète nova Aquilae 2026 (V2104 Aql)

Une nova a été découverte le 1er juillet 2026 par le chinois Min-rui Ning et le taïwanais Hui-xuan Lin, deux observateurs travaillant dans le cadre du relevé « Zwicky Transient Facility » (ZTF). Son étude spectroscopique montre de larges raies d'émission de Balmer bordées de raies d'absorption de type P CygniSon spectre s'apparente à celui d'une nova de type Fe II. Située dans la constellation de l'Aigle, elle porte désormais le nom de nova Aquilae 2026, ou V2104 Aql. Elle est bien placée pour être observée dans le ciel du soir. Sa magnitude approche 11,8m, elle serait proche de son éclat maximal. Son apparence est rougie est amoindrie par la présence de matière interstellaire située entre elle et nous. Vous pouvez partir à sa recherche à partir des coordonnées suivantes : 19h14m31s,37, +12°03'53",6.

 

Le 6 juillet 2026 à 1h16 HL

Nouvelle image de la nova Aquilae 2026, un jour après. Elle semble avoir légèrement perdu en éclat malgré un temps de stacking plus long que la veille. Sa teinte rougeâtre est par contre toujours bien visible. Les dernières études spectroscopiques montrent que le profil P Cygni s'est atténué pour laisser place à des raies d'émission plus importantes.

 


  La nova Aquilae 2026 (V2104 Aql) -  Dans l'Aigle
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 182x10s
Marseille (13)

 

Le 5 juillet 2026 à 2h04 HL

J'ai pu faire une première image de la nova Aquilae 2026 alors qu'elle s’apprêtait à passer au méridien. Elle est bien visible sur l'image prise au Seestar S50, elle montre une teinte rougeâtre clairement perceptible.

 


   La nova Aquilae 2026 (V2104 Aql) -  Dans l'Aigle
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 106x10s
Marseille (13)

 

 

lundi 29 juin 2026

T Lyrae, une célèbre étoile carbonée bien rouge

Dans la saga des étoiles carbonées très rouges, voici la variable T Lyrae, dont l'éclat apparent oscille entre 7,8m à 9,6m. Cet astre est situé à 2300 années-lumière en direction de la constellation de la Lyre, son spectre est de type C6,5 (R6) ou C8 selon les sources. Une étoile carbonée est une géante rouge dont l’atmosphère contient plus de carbone qu'une géante rouge ordinaire. Le carbone a la propriété d'absorber une grande partie du rayonnement bleu de l'étoile et de ce fait ces astres apparaissent très rouge (l'indice de couleur de T Lyrae est de 5,51!). Cette étoile "froide" possède une température de surface de seulement 3 300 K, elle mesure près de 130 fois le diamètre de notre Soleil.  

 


  L'étoile carbonée T Lyrae le 25 juin 2026 -  Dans la Lyre
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 81x10s
Marseille (13)

 

Elle se trouve aux coordonnées suivantes : 18h32m20s et +36°59'55". 

 

samedi 20 juin 2026

S Scuti, une étoile géante rouge carbonée

Les courtes nuits du mois de juin sont peu propices à l'imagerie du ciel profond, c'est donc le moment de s'intéresser aux étoiles doubles, variables, ou colorées. Aujourd'hui je vous propose de découvrir le monde des étoiles "rubis", c'est à dire les étoiles les plus rouges du ciel : les carbonées. Avec le Seestar S50 je me suis intéressé à l'une d'entre elles, bien visible en ce moment en direction de la constellation de l’Écu, il s'agit de S Scuti. Cette géante rouge vieille et froide (2750K) mesure près de 110 fois le diamètre du Soleil. Elle est située à 1300 années-lumière, sa classification spectrale est de type C6.4(N3). S Scuti est une étoile carbonée suffisamment brillante pour être attrayante en observation visuelle ou en imagerie. Elle est aussi connue pour être une variable semi-régulière oscillant entre 6,6m et 7,3m selon un cycle de 148 jours.

 

 L'étoile carbonée S Scuti le 20 juin 2026 -  Dans l'Ecu
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 125x10s
Marseille (13)
 
Les étoiles carbonées apparaissent dans la classification spectrale en dernier, parmi les astres les moins chauds (moins de 3700°), que sont les étoiles de type M. Elles sont dîtes de type “C”. Elles sont donc très rouges et se distinguent de ces dernières par la présence dans leurs spectres de raies d’absorption particulières, en l’ocurence des bandes moléculaires du carbone (C2, CN, CO), et l’absence d’oxyde de titane (TiO), qui caractérise le type spectral M. 
 

Ces étoiles carbonées sont entourées d’une atmosphère de gaz et de poussières riche en molécules carbonées dont l’une des propriétés est de bloquer la lumière bleue, ce qui accentue l’impression de rougeur. C'est d'ailleurs le cas de S Scuti, dont l'enveloppe aurait commencé son expansion il y a 16 000 ans, elle s'étend aujourd'hui sur près de 0,4 années-lumière. Cette bulle de matière s'étend sur environ 70" d'arc dans le ciel et se révèle principalement en infrarouge, elle n'apparaît pas sur mon image prise au Seestar S50.  


 S Scuti est située aux coordonnées suivantes :  18h50m20s et -7°54'27".



 

vendredi 19 juin 2026

Les amas globulaire M4 du Scorpion et M5 du Serpent

J'ai profité d'une nuit dégagée pour photographier l'amas globulaire M4 (5,4m - 36') de la constellation du Scorpion depuis ma terrasse sud à Marseille. Malgré sa position basse sur l'horizon et la pollution lumineuse de la ville, l'amas montre bien son fourmillement et sa barre centrale d'étoiles caractéristique. En dehors de cette barre il ne montre pas vraiment de condensation centrale, d'où sa classification de type IX (Shapley). Cet amas globulaire doit principalement sa brillance à sa relative proximité, il n'est situé qu'à 7180 années-lumière. Il mériterait d'être photographié depuis une latitude plus australe et un site sans lumière pour vraiment révéler son ampleur.


M4 (NGC 6121) -  Amas globulaire dans le Scorpion
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 260x10s
Marseille (13)

 

Quelques jours auparavant j'ai également pu photographier l'amas globulaire M5 (5,7m - 23') du Serpent. Situé à 24 500 années-lumière, il apparaît beaucoup plus dense que M4. Sa région centrale est très lumineuse et non résolue en étoiles, il est classé dans le type V de Shapley. L'étoile brillante située au sud de l'amas est 5 Serpentis (5,1m).


 M5 (NGC 5904) -  Amas globulaire dans le Serpent
ZWO Seestar 50/250 mm - Pose de 258x10s
Marseille (13)






jeudi 21 mai 2026

NGC 5102 et NGC 5253, deux galaxies du Centaure vues de Provence

A l'occasion d'une nuit passée sur le plateau de Valensole, j'ai pu bénéficier d'un horizon sud particulièrement bien dégagé. Au printemps les étoiles située dans la zone nord de la constellation australe du Centaure fond une courte apparition juste au dessus de l'horizon en passant au méridien. J'en ai profité pour rendre visite à deux galaxies qui sont rarement pointées depuis la France métropolitaine à cause de leur faire hauteur dans le ciel, il s'agit de NGC 5253 et NGC 5102.

Je commence par la plus haute des deux, à savoir NGC 5253 (10,4m - x1,9'). Cette galaxie est une irrégulière de type magellanique, elle est située à 13 millions d'années-lumière. Son petit disque galactique de 27 300 années-lumière de diamètre apparaît bleuté car il connaît des flambées de naissances d'étoiles, elle est considérée comme une "starbust galaxy". Elle semble faire partie d'un groupent galactique comprenant également NGC 5102 et la célèbre spirale M83. En voici une image prise au Seestar S50.

 

NGC 5152 - Galaxie dans le Centaure
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 111x10s
Plateau de Valensole (04)

 

Je prends également le temps de la dessiner avec le Nexstar 8 SE. Dans le télescope de 203 mm à 160x, je retrouve un aspect assez proche de celui qui est visible sur l'image du Seestar S50. La galaxie apparaît visuellement étirée dans le sens NE/SO, elle présente une région centrale lumineuse, sans noyau, et sa forme se révèle clairement étirée en diagonale sur la largeur du disque galactique. 


NGC 5253 - Galaxie dans le Centaure
Télescope Celestron de 203 mm à 160x (Morpheus 12,5 mm)
Plateau de Valensole (04)

 

NGC 5102 (9,6m - 8,6'x2,7') n'est pas compliquée à pointer, elle se trouve à seulement 17'NNE de l'étoile brillante Iota Centauri (2,73m). Cette galaxie lenticulaire est située à 11,6 millions d'années-lumière, elle est voisine de NGC 5253. Je ne l'ai pas photographiée car à sa faible hauteur la turbulence atmosphérique empâtait beaucoup les étoiles, par contre je l'ai dessiné avec le télescope de 203 mm. A 160x, cette galaxie est apparue assez lumineuse, en particulier au niveau de sa région centrale. Son grand disque galactique s'est révélé très nettement allongé dans le sens NE/SO, avec un contour assez diffus. 


NGC 5102 - Galaxie dans le Centaure
Télescope Celestron de 203 mm à 160x (Morpheus 12,5 mm)
Plateau de Valensole (04)

Comme quoi, sans voyager loin, il est déjà possible de taquiner quelques objets de la constellation australe du Centaure depuis le sud de la France !

 

mardi 19 mai 2026

La belle galaxie des Antennes NGC 4038-9 du Corbeau

Lors d'une belle nuit dégagée passée dans le Verdon j'ai eu l'occasion d'observer avec le Celestron 8 les belles galaxies NGC 4038 et NGC 4039 (10,3m - 3,4'x1,7') de la constellation du Corbeau. Dans le télescope de 203 mm à x elle montrait déjà de beaux détails. Au premier abord, elle se révèle comme un nébulosité assez lumineuse dont la forme générale rappelle celle d'un cœur ou d'un palmito. En vision décalée, après une observation attentive, les noyaux des deux galaxies en interaction se sont révélés. NGC 4038 est plus lumineuse que sa voisine, son contour est plus tranché, et il apparaît renforcé. Cette structure ressemble au lobe d'une oreille. cette périphérie plus brillant est constituée d'un ensemble de grands amas d'étoiles jeunes et bleues, un véritable chapelet d'associations OB et de régions HII. 

 

dessin : NGC 4038 et NGC 4039 "les antennes" - Galaxies dans le Corbeau
Télescope Celestron Nexstar de 203 mm à 222x (Morpheus 9 mm)
Plateau de Valensole (04)

NGC 4038 et NGC 4039 sont deux galaxies en interaction, située à 69 millions d'années lumière. La collision entre les deux spirales est en cours, leurs disques galactiques sont en train de fusionner, ils apparaissent déformés et deux gigantesques ponts d'étoiles se retrouvent éjectés dans l'espace. Ces deux grandes excroissances, qui s'étendent sur plus de 600 000 années-lumière, sont à l'origine du surnom des "antennes". J'ai pu photographier cet objet fantastique avec le Seestar S50 pendant que je faisais le dessin. Grace au stacking les deux longues antennes se sont révélées.


 NGC 4038-9 - Galaxies dans le Corbeau
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 264x10s
Plateau de Valensole (04)

 

 

samedi 16 mai 2026

NGC 6144, un amas globulaire dans l'ombre de la supergéante rouge Antarès

 Si on demande à un astronome amateur quel est l'amas globulaire qui est situé juste à côte de la belle étoile rouge Antarès du Scorpion, il y a de grandes chances que l'on nous réponde Messier 4. Pourtant, il en existe un autre, tout près de M4 et Antarès, il s'agit de NGC 6144 (9,0m - 7,4'). Situé à 28 000 années-lumière de nous, il est bien plus éloigné que son illustre voisin, ce qui explique son apparence plus modeste. Notons également que son éclat apparent est amoindri car il est partiellement obscurci par les nuées de poussières qui s'étendent entre les étoiles Antarès et Rhô Ophiucus. De type XI dans la classification de Shapley, il ne présente pas de condensation centrale notable, de ce fait nous pouvons distinguer des étoiles sur toute sa surface. NGC 6144 ne se trouve qu'à 38' NO de la brillante supergéante rouge, que l'on distingue un peu dans le coin de l'image, en bas à gauche .

 

 

NGC 6144 - Amas globulaire dans le Scorpion
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 134x10s
Plateau de Valensole 
(04)

 

J'ai également pu le dessiner avec le Nextar 8 SE. A cause de la turbulence atmosphérique assez forte, je n'ai pas pu grossir au delà de 90x. Dans ces conditions, l'amas globulaire m'a semblé légèrement granuleux sur l'ensemble de sa surface, avec quelques étoiles qui se laissaient deviner en vision décalée. J'ai également entrevu une sorte de barre très discrète le traversant, probablement formée d'étoiles mal résolues. Sinon deux étoiles de 11,6m et 12,8m bordaient directement l'amas à l'ouest et au nord.


dessin : NGC 6144 - Amas globulaire dans le Scorpion
Télescope Celestron Nexstar de 203 mm à 91x (Nagler 22 mm)
Plateau de Valensole (04)

 

mardi 28 avril 2026

SN2026kid : Une supernova est apparue dans la belle galaxie NGC 5907 du Dragon

 

Une nouvelle supernova a été découverte le 22 avril 2026 par Yasuo Sana, un astronome amateur japonais, dans la belle galaxie NGC 5907 (10,3m - 12,6'x1,4') du Dragon. Cette supernova, nommée SN2026kid, brillait alors à la magnitude 16,6m et dix jours plus tard elle a augmenté en luminosité pour atteindre 15m, ce qui semble être son pic d'éclat. Il s'agit d’une supernova de type II, issue de l’effondrement gravitationnel d’une étoile supermassive. Elle Située à 46,6 millions d'années-lumière, NGC 5907 est une spirale de type SA(s)c?, elle est vue de côté et se présente comme un élégant fuseau lumineux très étiré. 

 

Le 28 avril 2026 à 0h05 HL

Dans la nuit du 27 au 28 avril le ciel s'est à peu près dégagé. Malgré la présence d'une grosse Lune gibbeuse et d'un voile de brume, j'ai pu photographier la galaxie NGC 5907 et sa supernova depuis Marseille. SN2026kid est peu lumineuse, mais elle reste bien visible, juste sous sa barre d'absorption.


NGC 5907 - Galaxie dans le Dragon
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 285x10s
Marseille (13)

Voilà les images de la galaxie prises le 11 avril 2026 (en haut) et le 28 avril 2026 (en bas) mise côte à côte, nous pouvons constater l'apparition d'une "nouvelle" étoile sur le disque galactique de NGC 5907, juste au sud-est du noyau, et au nord de deux faibles étoiles de 17,5m. Il s'agit de la supernova.

 



Le 11 avril 2026 à 0h34 HL

J'ai eu l'occasion de la photographier sous le bon ciel du Verdon seulement 11 jours avant la découverte de la supernova par Yasuo Sana. Je mets ici la photo qui a permis de faire la comparaison "avant - après".

 


NGC 5907 - Galaxie dans le Dragon
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 224x10s
Le Poil (04)